État d’urgence aux frontières

Le Figaro – samedi 31 octobre 2020

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Celui-ci venait de Tunisie, un pays qui ne connaît ni la guerre, ni la misère ; celui-là de Tchétchénie et nous avions d’abord refusé l’asile à sa famille ; cet autre encore du Pakistan, il était « mineur » et avait 25 ans ; cet autre enfin du Soudan, il était réfugié. Couteau, hachoir, ils ont blessé notre pays, l’ont plongé dans le sang, les larmes, la mort, la barbarie la plus bestiale. Jusqu’ici nos beaux esprits enivrés d’« anciennes vertus chrétiennes devenues folles » (Chesterton) s’admiraient dans l’éloge de ces « Autres », démunis, victimes de nos dominations d’Occidentaux. Ils étaient forcément innocents, nous étions intrinsèquement coupables. « Ô Lampedusa » chantait le chœur du Bien sans voir que parmi les pauvres hères, se cachaient des bourreaux. L’immigration n’est pas la cause première du terrorisme, c’est une évidence, mais les mois que nous venons de vivre nous confirment qu’elle en est une des conditions. La prudence imposerait de fermer immédiatement, aujourd’hui, nos frontières, de suspendre l’immigration. De se montrer dans la lutte contre le terrorisme islamiste aussi ferme que dans celle contre le Covid. Un État qui interdit aux gens de sortir de chez eux, serait-il incapable de choisir qui rentre chez nous ? Lui qui installe une frontière devant chaque maison (c’est le principe du confinement) ne pourrait-il pas fermer temporairement les siennes ? Faut-il penser que les milices turques qui traversent la nuit les rues de Vienne ou de Dijon au cri d’« Allah akbar ! » pour « ratonner » des Arméniens ont sagement rempli leur attestation dérogatoire ? L’ensemble de la population subit, en vingt-quatre heures, une loi d’exception pour vaincre une épidémie et il serait impossible d’en déclencher une pour ceux qui veulent décapiter la France ? À ces questions qui traversent légitimement l’opinion, l’exécutif doit répondre sans trembler. La procédure arbitraire, tatillonne, réservée aux plus dociles est le propre des États faibles.